Anne-Marie Filaire, Transfrontalière
du 16 octobre au 30 décembre 2010

 
  « Comment parler de cette frontière, de cette expérience, de ce parcours entre le Nord Pas-de-Calais et la Belgique ? L'envie d'explorer cette région, de me placer dans l'espace de cette frontière qui n'existe plus, qui n'est plus matérialisée, qui est ouverte là où aucune trace évidente n'existe pour nous dire ici c'est la frontière.
De fait cette frontière est partout. Je l'ai cherchée car c'était le but de mon travail, le lieu où je me situe pour réfléchir et tenter d'exprimer une relation au paysage. Parcourir cette frontière, c'est s'y perdre, s'y découvrir. Je me suis retrouvée dans un no man's land. »
Anne-Marie Filaire, extrait du texte sur le travail Transfrontalière, Paris, septembre 2008.Anne-Marie Filaire travaille sur les paysages depuis plus de vingt ans, et plus précisément sur les frontières. Elle s'attache à rendre compte des traces du passage du temps dans le paysage et des mouvements qu'on peut y déceler. Le paysage, bien qu'il puisse sembler inerte en apparence, est toujours instable, en mutation, vivant. Son travail s'effectue toujours dans la lenteur : elle prend le temps d'appréhender le lieu, de l'apprivoiser. Elle y retourne de nombreuses fois, réalisant une véritable enquête d'investigation, recherchant des signes et des indices afin de déchiffrer la situation.
Une frontière, espace ambivalent, est à la fois un espace de séparations et de relations. Elle met en œuvre un travail sur la durée le long de la frontière entre l'Israël et la Palestine. Le CRP lui a proposé cette résidence création en 2007 pour investir la zone transfrontalière entre la France et la Belgique. Cette exposition montre le travail effectué.
   
   
 
filaire
 
© Anne-Marie Filaire, Transfrontalière – La Folie, France, juillet 2008 ; 94 x 120 cm.
Commande « Photographie et Territoire 2008 » du Centre Régional de la Photographie Nord Pas-de-Calais.